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Google met un terme à Stadia : les retombées dans l’univers gaming

Google met un terme à Stadia : les retombées dans l’univers gaming

By dirollo

L’impact de la fermeture de Google Stadia sur l’industrie du gaming

Présenté comme le « Netflix » du cloud gaming, Google Stadia annonçait un avenir radieux au gaming. Il devait permettre au grand public, surtout aux gamers, d’accéder à des jeux AAA en très bonne qualité, sans nécessairement avoir besoin de posséder une console ou un PC gamer. Bien que le projet semble prometteur, le service du géant de Mountain View peine à séduire les utilisateurs dès son lancement. La plateforme montre de nombreuses limites dès qu’elle est dévoilée au public : latences, catalogue restreint etc. Elle ne parvient pas non plus à se démarquer face aux nombreuses alternatives. Nous faisons un point sur ce Cloud Gaming de Google ainsi que des répercussions de son arrêt.

Qu’est-ce que Google Stadia ?

Stadia est un service de jeux vidéo à la demande qui repose totalement sur le cloud. Il permet aux joueurs de pouvoir jouer à des titres AAA en haute définition sans console. Les joueurs devraient avoir la possibilité d’accéder instantanément aux jeux et de jouer sur plusieurs supports (smartphone, tablette, PC…). Une partie entamée sur smartphone peut être poursuivie sur tablette et vice versa. Tout cela est rendu possible grâce au cloud gaming : des serveurs surpuissants dans le monde, qui exécutent les calculs à distance avec seules les images, renvoyées sur votre terminal. Bien que le fond soit différent, la forme du concept est quelque peu similaire au secteur florissant des casinos en ligne : les joueurs accèdent à des jeux en ligne, puis les lancent depuis n’importe où sans avoir besoin de supports à hautes spécifications techniques.

Aujourd’hui les établissements virtuels sont la nouvelle norme chez les amoureux des jeux d’argent. Ils proposent de nombreuses options de divertissement et en un clic, ces jeux sont accessibles sur la plupart des casinos en ligne français. Certains habitués parmi ces derniers prennent plus d’informations sur CasinoonlineFrancais.fr afin de consulter les meilleurs choix de casinos. Sur la forme, les top casinos en ligne français donnent un accès libre à leur ludothèque, contrairement à Google Stadia qui a échoué entre autres à cause de son modèle économique de vente de jeux vidéo à l’unité.

Les problèmes de Google Stadia

Malgré la prospérité des nombreuses entreprises de Alphabet et Google, les chroniques des projets abandonnés se poursuivent. Le géant de l’industrie tech avait toutes les cartes en main pour réussir Stadia. Il a cependant enchaîné des mauvais choix tout au long des 3 années de vie du service.

Une stratégie économique noyée par la concurrence

Face à une concurrence plutôt rude proposant des services plus intéressants les uns que les autres, Google stadia n’a pas su faire face au marché. Tout partait pourtant sur le bon pied quand le service de jeu à la demande fut lancé en 2019 avec beaucoup de promesses. La structure logiciel était performante et le marché favorable avec plus de 21 millions d’abonnés streaming dans le temps. Le studio Stadia Games and Entertainement (SG&E) a même été créé pour des exclusivités. La pénurie de PS5 était une opportunité qui tendait les bras. Mais qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

Eh bien, dans les faits, les dirigeants de Google ont mal évalué plusieurs points cruciaux, dont le contenu de la plateforme. Pour fédérer une communauté gamer habituée à des standards de jeux élevés issus d’éditeurs très connus, il fallait soit développer des productions atypiques faites « maison », soit s’allier aux meilleures licences. Après s’être rendu compte des investissements monstres et du temps que cela impliquait, Google Stadia n’a su faire ni l’un ni l’autre. La fermeture de SG&E sonnait comme le premier aveu d’échec de la Google Stadia.

Des problèmes de bande passante

Comme tout service de Jeu à la demande, pour profiter des productions proposées une connexion haut débit est nécessaire. Les promesses de Stadia au départ étaient de pouvoir se connecter depuis n’importe quel appareil, entamer une partie de jeu en résolution 4K juste à partir d’un navigateur, jouer à des jeux plusieurs mois avant leur sortie, disposer d’un système novateur permettant de jouer aux jeux en cliquant juste sur leur bande-annonce, etc. Malheureusement, la majorité de ces dires n’étaient que de la poudre aux yeux.

Pire, des contraintes comme l’obligation d’achat d’une manette ou l’incompatibilité de Stadia avec les TV iOS et Android se dévoilent. Pour ce qui est du catalogue de Stadia, un débit d’au moins 25 Mbps en téléchargement était requis, ce qui s’avérait assez problématique. Le service peut être utilisé dans les zones européennes ou nord-américaines, mais il n’est pas utilisable dans les zones où le débit minimum n’est pas respecté. Il ne parvient donc pas à séduire les joueurs qui doivent faire face à une extrême lenteur du gameplay, le tout avec des jeux au même prix que sur les consoles. Au final, une grande partie de la communauté déserte Stadia ; les parties multijoueur prennent une éternité à débuter, faute de partenaires de jeu.

Une cible très exigeante

Lors d’une interview de Olivier Navarro pour les numériques, l’on se rend compte tout simplement que Stadia a fait les frais d’un marché qui ne pardonne pas. Avant le lancement officiel, le service de Google devait cibler principalement un public de férus de jeux AAA ou de blockbusters tels que Red Dead Redemption 2 ou encore Doom : Eternal. Même si la communication pré lancement était parfaite pour Stadia, tout est allé de travers la phase d’après.

Depuis le départ, Google Stadia semblait s’adresser à un public extrêmement aguerri et rodé à l’univers du gaming. Un public qui évidemment s’attèlerait à faire ressortir tous les petits défauts de la plateforme. La première grosse erreur dès 2019 ne s’était pas fait attendre : une absence à l’E3, un des plus grands salons de jeux vidéo. Un géant de la tech, comptant sur sa notoriété pour faire décoller un service dans un domaine qui lui est inconnu. Comme diraient certains, Google a tué Stadia.

Quel impact sur le secteur du gaming ?

Plus de Google Stadia ; qu’est-ce qui se passe après ? C’est une question qui trotte probablement chez les utilisateurs du service de jeu vidéo à la demande.

Les utilisateurs dédommagés

Tout d’abord, Google s’engage à rembourser intégralement tous les achats effectués par les usagers de la plateforme, qu’il s’agisse des équipements achetés sur la boutique Google, jeux ou contenus additionnels acquis sur la boutique Stadia. Par contre, les abonnements Stadia Pro et les éléments acquis dans d’autres boutiques ne sont pas soumis à un remboursement.

Google assure que tous les remboursements seront effectués au plus tard vers mi-janvier et que la technologie sur laquelle repose Stadia devrait servir pour l’optimisation d’autres plateformes. Google Play, YouTube, ou encore des licences extérieures pour de marque blanche. Pour l’heure le service prendra réellement fin le 18 janvier 2023.

Ubisoft et Bungie à l’affût ; les sauvegardes Stadia récupérables

L’éditeur de jeu français, Ubisoft promet trouver un moyen de récupérer les achats de jeux Stadia. Il devrait divulguer plus d’informations concernant ce processus de transfert vers sa plateforme dans les jours à venir. Des démarches ont également été lancées au niveau de Bungie pour savoir si un tel processus serait envisageable. Les joueurs qui souhaitent continuer leurs sessions gaming en externe peuvent récupérer leur sauvegarde.

Il suffira de l’importer depuis la plateforme de Google vers leur PC. Tout ce qu’il faut, c’est disposer d’une machine assez puissante pour faire tourner le jeu sans problèmes et de l’avoir préalablement installé. Avec la disparition de Stadia, Google devrait se focaliser davantage sur la sortie de bons jeux sur Android puisqu’il dispose à présent des ressources nécessaires pour le faire. On pense notamment à des propositions de partenariats ou des contrats d’exclusivité à des studios qui désirent exporter leurs jeux sur les appareils Android.

La désillusion Stadia, une leçon pour l’industrie du Cloud Gaming

Hormis la fin d’exclusivités comme Outcaster, on ne retiendra de l’arrêt de Google Stadia que de bonnes leçons. Néanmoins cela ne signifie en aucun cas la fin du cloud gaming. Certes ce fut une grosse surprise pour les gamers comme les développeurs, mais cette expérience peu fructueuse de Google pourrait servir de leçon aux futurs services de cloud gaming ou encore à ceux qui existent déjà.

Notons qu’après l’annonce de Google Stadia, Mike Verdu a fait part de l’envie de lancer Netflix dans le Cloud Gaming. L’entreprise n’a pas fait d’annonce officielle concernant la manière dont l’offre sera intégrée dans son modèle économique, mais la société a procédé à l’ouverture d’un studio de développement en Californie du Sud.

Les principales alternatives à Google Stadia

L’échec de Stadia est aussi dû à des franchises bien installées qui maîtrisent le secteur des jeux vidéo. Ces licences proposent des offres entièrement repensées pour convaincre :

  • NVIDIA GeForce NOW : Son principal atout est l’accès aux jeux déjà acquis sur d’autres plateformes telles que Steam ou Epic Games. GeForce Now débarque sur Steam, offrant ses serveurs NVIDIA au client Steam, depuis n’importe quel support. Contrairement à Stadia le catalogue est riche et le service offre même un test gratuit ainsi que des abonnements raisonnables sur des mois
  • Xbox Cloud Gaming : À l’origine, le service de Microsoft se limitait uniquement à Android. Avec l’arrivée du Xbox Game Pass, Microsoft propose désormais un catalogue de plus de 400 jeux sur le cloud. Les jeux sont également accessibles sur iOS, Windows et bientôt sur les smart TV de Samsung.
  • Playstation NOW : Avec trois nouvelles offres, le service de SONY entretient la concurrence avec Microsoft. Un catalogue de 700 jeux en streaming, est mis à disposition des joueurs. Tous les jeux depuis PS1 à PS5 sont inclus.

Plusieurs autres services de jeu à la demande comme OnLive ou Shadow ont proposé des offres intéressantes mais qui n’ont pas abouti. Une chose est certaine, avec l’avancée de la technologie, le cloud gaming a des jours meilleurs devant lui.

Syrus
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